Chanson douce

Genre : Drame
Sortie le : 27/11/2019 (01H40)
Réalisateur : Lucie Borleteau
Acteurs : Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz…

Paul et Myriam ont deux enfants en bas âge. Ils engagent Louise, une nounou expérimentée, pour que Myriam puisse reprendre le travail. Louise se montre dévouée, consciencieuse, volontaire, au point que sa présence occupe une place centrale dans la famille. Mais très vite les réactions de Louise deviennent inquiétantes.

Bande Annoncehttps://www.youtube.com/watch?v=bOz7fspyjwk



Critique

Par Mathieu Perrichet - posté le 21/11/2019

Une nounou d'enfer

Pour son deuxième long métrage, la cinéaste Lucie Borleteau s’est attaquée à l’adaptation sur grand écran du prix Goncourt 2016 et best-seller : Chanson douce de Leïla Slimani. Un pari ambitieux - tant le livre a marqué les esprits à sa sortie - que la réalisatrice à su relever avec maîtrise. En effet, son film parvient à retranscrire fidèlement le terrible drame que dépeint l’auteur au fil des pages de son roman. Même si le cinéma retire un peu de l’aura mystérieuse qu’offre et permet la littérature, une fois plongé dans l’obscurité de la salle, la tension qui va crescendo se fait bel et bien sentir. Comme une menace sourde qui, insidieusement mais inéluctablement, se rapproche pour finir par peser de tout son poids sur les épaules du spectateur. Car c’est cela que raconte Chanson douce. L’ascension d’un danger sournois qui se fraie un chemin au coeur d’une famille, s’immisce au sein d’un foyer, sous les traits d’une Mary Poppins maléfique, toute droit sortie d’un film d’épouvante. Impeccablement incarné par Karin Viard - qui porte haut la main ce thriller, ce personnage énigmatique, soufflant le chaud et le froid, d’abord souriant et rassurant, puis déconcertant et inquiétant, impose une atmosphère de plus en plus oppressante au fil des minutes, mettant clairement mal à l’aise. A travers cette femme, quelque chose de pernicieux se joue. Quelque chose qui ébranle la morale, secoue nos certitudes. Quelque chose d’indicible, d’innommable. Que l’on n’ose même imaginer. Irrémédiablement, à travers la folie de cette nounou qui se concrétise sous nos yeux, le film devient plus éprouvant. Perturbant à certains égard. Sans pour autant, heureusement, tomber dans le glauque. Ce, notamment, grâce à une réalisation toute en sobriété. Dans tous les cas, Hitchcock n’aurait certainement pas renié cette Chanson douce qui fait froid dans le dos.

Mathieu Perrichet


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